avril 2008

mercredi, avril 2 2008

numéro deux

Au début des années 1980, Jean-François Bizot a relancé Actuel, et recommencé à chercher des choses vraiment neuves. A l'époque, on pouvait lire dans un même article le portrait d'un jeune couturier inconnu et provocateur, Jean-Paul Gaultier, et celui d'un architecte débutant mais pugnace, déjà en guerre contre l'étouffant corset des réglementations d'urbanisme, et auteur seulement d'un collège, et d'une étrange clinique recouverte de bardages d'acier, Jean Nouvel. Presque trente ans plus tard, et avec quatorze ans de retard sur son rival de toujours, Christian de Portzamparc, Jean Nouvel devient le second architecte français lauréat du prix Pritzker. Au fond, si l'on s'intéresse à...

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mercredi, avril 9 2008

nique KM

Sur les bancs de l'Assemblée, comme le rapporte notre correspondant permanent toujours en première ligne, Authueil, la guerre est déclarée, et le combat fait rage. Dans l'entrelacs de tranchées, il est d'autant plus difficile de distinguer les positions de chacun que, à force de compter les votes de députés UMP appuyant des amendements socialistes ou communistes au projet de loi réglementant l'emploi d'organismes génétiquement modifiés dans l'agriculture, elles recouvrent de moins en moins les appartenance politiques nominales. C'est que l'on assiste là à la floraison d'un phénomène que l'on sentait en germe depuis certaine embrassade, la fronde du député UMP anonyme, mais souvent élu dans...

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lundi, avril 14 2008

0,9 %

Le premier contact entre le commun des mortels et la radioactivité artificielle date d'Hiroshima, et de Nagasaki ; on aurait pu souhaiter commencements moins brutaux. Dans cette population fortement irradiée, la surveillance des cas de cancers a donné naissance à un principe, celui de la linéarité sans seuil. On considérait que, quelle que soit son intensité et sa durée, une exposition aux rayonnements ionisants générerait nécessairement une quantité proportionnelle de cancers. Il s'agissait là d'une simple règle de prudence, par laquelle, faute de données, on tenait comme vraie la proposition la plus protectrice pour les individus. Qu'elle soit vraie ou fausse n'avait, au départ, pas...

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lundi, avril 21 2008

manifestations de (tigres de) papier

La photo illustre l'article sur les manifestations francophobes qui se déroulent en Chine, que Reuters publiait samedi. Elle montre quelques jeunes hommes brandissant devant l'objectif du photographe un drapeau français. A l'évidence, il s'agit d'une bannière authentique et d''excellente qualité, et pas d'une de ces grossières imitations de papier que les mêmes hommes jeunes brûlent depuis toujours dans les défilés anti-impérialistes à Hanoï, Caracas, Téhéran ou Abidjan. Le bleu et le rouge sont frappés de ces croix gammées qui, tournant dans le bon sens, rappellent indubitablement le nazisme, et pas le svatsika bouddhiste, la version locale du même emblème. Sur le blanc, support plus...

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lundi, avril 28 2008

anachronisme et sens commun

La question de l'anachronisme ne préoccupe pas le seul historien. Mais le sociologue s'intéressera plutôt à la manière dont leur recours à l'anachronisme peut invalider des jugements qui, tout en proclamant leur caractère scientifique, relèvent en fait du sens commun. Une des figures les plus courantes, et la plus proprement anachronique, consiste à contredire a posteriori une position officielle en présentant des arguments qui, notamment parce qu'ils sont anachroniques, n'auraient, le temps s'écoulant en sens unique, pas pu alimenter la position en question. L'expertise citoyenne, qui se pose comme indépendante et est née des ruines de la centrale de Tchernobyl, dans un moment qui, même si...

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mercredi, avril 30 2008

l'affaire du cordon

L'affaire n'a suscité, le jour même, qu'un rapide commentaire au JT du matin, et, semble-t-il, rien dans la presse du lendemain. Il a donc fallu attendre le Monde daté de samedi, et cette rubrique Derrière l'image dont l'objet est d'analyser une photo de presse, pour trouver, sous la plume de Daniel Psenny, un article décrivant, témoignages à l'appui, l'incident, et, donc, une photo. La scène se passe dans la cour de l'Elysée, à la sortie du conseil des ministres : côté gauche, alignés, les mains derrière le dos à l'exception, tout au fond, de l'inévitable photographe qui fait son cliché, cameramen, JRI, preneurs de son, journalistes. Un pas devant eux, leur matériel est posé par terre, sous...

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